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Ville fertile

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Adeptes du greenwashing, les architectes placent de plus en plus d’arbres sur leurs images de synthèse, sans vraiment se demander si ça pousse vraiment. C’est à dire est ce que les arbres peuvent supporter les conditions climatiques (vent, froid,…), la problématique d’arrosage, la quantité de substrat nécessaire,  etc. ?

http://persquaremile.com/2013/03/07/trees-dont-like-it-up-there/

Moins loin, en France, une première expérience montre ses limites, même avec uniquement du bambou (pas très connu pour être une plante difficile) :

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http://parisisinvisible.blogspot.ca/2011/05/tower-flower.html

Ce serait pas mal si en plus de vouloir planter  les balcons, toitures ou autres terrasses on s’occupait de préserver ou développer les arbres dans des conditions plus naturelles, en plein terre dans des friches ou autres espaces délaissés.

7 jours sur le thème : « Ville Biomimétique, ville de demain ». L’exposition et les conférences auront lieu du 21 au 28 février 2013 à l’Onde, Théâtre et Centre d’Arts à Vélizy Villacoublay. 

Site web : www.velizy-villacoublay.fr

 

Le biomimétisme, défini par Janine Benyus en 1997, est une démarche d’innovation, qui fait appel au transfert et à l’adaptation des principes et stratégies élaborés par les organismes vivant et les écosystèmes, afin de produire des biens et des services de manière durable, et rendre les sociétés humaines compatibles avec la biosphère.

Depuis 3,8 milliards d’années, la vie s’est diversifiée en d’innombrables espèces qui interagissent dans un équilibre dynamique avec la planète. Aujourd’hui, on estime à 15 millions le nombre d’espèces vivantes. Chacune a obtenu sa survie à long terme grâce à un processus d’adaptation naturelle par essais et erreurs et représente donc une application concrète des principes de la durabilité.

Face à un problème donné, la méthode biomimétique consiste à chercher des réponses performantes déjà sélectionnées par des organismes vivants et incluant une réduction des coûts énergétiques, la faiblesse des émissions et/ou la non-toxicité.

Le biomimétisme détaille trois niveaux d’inspiration d’exigence croissante en termes de durabilité

  •  les formes adoptées par les êtres vivants
  •  les matériaux et les processus de « fabrication » opérant chez les êtres vivants
  •  les interactions que les espèces développent entre elles et le fonctionnement global des écosystèmes naturels.

Source : http://www.biomimicryeuropa.org/comite-francais/quest-ce-que-le-biomimetisme

Le biomimétisme est aux fondements de la permaculture, mais reste souvent principalement repris par le monde industriel, au bénéfice d’une croissance verte et de l’accroissement de la compétitivité. Il s’agit malheureusement d’une approche souvent superficielle ou technique qui prédomine. Une vision limitée des interactions naturelles, qui interroge rarement le sens des choses, comme on peut le voir dans une grande partie des conférences données sur le sujet (« ville interactive », « réseaux intelligents », « Citroën Multiplicity »!…).

Or, le biomimétisme a vocation a être l’un des principaux outil à mettre en oeuvre pour rendre les villes résilientes.

 

Les conférences :

Jeudi 21 Février – A l’auditorium de l’Onde
« Ville biomimétique, ville de demain » – 18h
–          Introduction de François Siegel, Rédacteur en Chef de la Revue Prospective « We Demain »
–          Karim Lapp, de l’Association Biomimicry Europa, ingénieur écologue spécialisé en écologie urbaine.
–          Luc Schuiten, Artiste visionnaire belge, imagine des cités végétales, magnifiques illustrations de villes inspirées des forêts.

Samedi 23 février – Au café de l’Onde
« Ville végétale, ville comestible » – 14h
–          Les potagers durables et écologiques par Nicolas Bel, Ingénieur agronome.
–          L’agriculture périurbaine : les enjeux du maintien de l’agriculture sur le plateau de Saclay par Dorian Spaak, Chargé de Mission au sein de l’association Terre & Cité.

« Ville et structure, vers une architecture inspirée du vivant » – 16h

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De nombreuses villes canadiennes interdisent la mise en place de potagers en façade de leur habitation et imposent 30% de gazon. Un couple a eu l’idée d’en mettre un en place, ce printemps, à Drummondville (au Quebec).

Le 18 juillet 2012, les deux jardiniers ont reçus une lettre de la mairie exigeant que 30 % de la cour avant soit «engazonnée» d’ici cinq jours sous peine d’amendes quotidiennes de 100 à 300 $. “C’est une question de cohésion de la trame urbaine” d’après les responsables de la communeL’application de la décision de la décision a vite été reportée au 1er Septembre (question de crédibilité pour la mairie).

↑Je jardin, avant

 http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/354907/porte-etendard-malgre-eux-de-l-agriculture-urbaine

Entre temps, cette décision a suscité une levée de bouclier, au delà du Quebec et l’appui de plus de 35 000 personnes ayant signé des pétitions.

La mairesse les a finalement invité au conseil municipal du 13 Août, puis à participer à la préparation un nouveau règlement qui autorisera et encadrera les potagers de façade à Drummondville. C’est donc une victoire pour les potagers urbains.

↑Après!

 Espérons que cela consacre la fin d’une hégémonie, celle du gazon et fasse prendre conscience de l’utilité potentielle du moindre espace et faire naître une « esthétique comestible » dans le monde périurbain.

Le blog de ces deux terroristes : http://www.lepotagerurbain.com/

Détroit préfigure ce que peuvent devenir beaucoup de villes. La ville est devenue l’icône d’une société de l’automobile décadente. Elle représentait le cœur de l’industrie automobile, tout y a été bâti en fonction de sa logique. L’étalement urbain y atteint un paroxysme. Le degré de résilience frôle le zéro absolu.

Cependant la ville évolue, entre en transition, elle devient une « shrinking city », en passant de près de 2 000 000 habitants à un peu plus de 700 000. La ville tente d’acheter les maisons abandonnées, pour réduire les espaces urbains à entretenir. Parallèlement, la population tente de sortir de la crise par l’agriculture urbaine, ou de manière générale la débrouille. L’agriculture urbaine n’est pas ici un effet de mode, mais un moyen de subsistance, tout comme le faire soit même (ou Do It Yourself – DIY).

Détroit n’est pas non plus un repère d’écolo ou de nouveaux paysans urbains, tel que le documentaire d’arte a pu le laisser entendre (« Détroit passe au vert »), ni même une ville retournée à la nature comme dans le film  « I am Legend » mais une ville qui se remet difficilement d’une grave crise sociale.

L’histoire de cette ville doit être observée avec attention par beaucoup de villes, notamment Aulnay sous Bois, et surtout  d’autre villes qui continuent à suivre le pas de ses erreurs, en soutenant une industrie décadente et en poursuivant l’étalement urbain.

Cf l’interview des deux journalistes,auteur du webdocumentaire Detroit Je T’aime :

http://owni.fr/2012/07/26/detroit-redemarre-en-mode-diy/#identifier_0_116694

<p><a href= »http://vimeo.com/40399899″>Up On The Farm (trailer)</a> from <a href= »http://vimeo.com/user2003907″>Diane Nerwen</a> on <a href= »http://vimeo.com »>Vimeo</a&gt;.</p>

Brooklyn Grange, une ferme localisée sur un toit, initialement située dans le Queens, vient de célébrer sa première récolte. Il s’agit de la plus grande ferme sur un toit de New York. La ferme a reçu 595 730 $ de subventions de la part de la ville, dans le cadre de son programme « Green Infrastructure », qui vise entre autre à adapter les règlements d’urbanisme pour valoriser les espaces disponibles en toiture et rendre accessible les bâtiments industriels et commerciaux pour une production alimentaire. Brooklyn Grange compte produire 9 tonnes par an. L’hivers, la ferme met en place des trèfles ou autre plantes à fourrage pour amender le sol et limiter l’érosion. La ferme comprend par ailleurs 30 ruches produisant 680 kg de miel par an.

http://www.brooklyngrangefarm.com/

http://www.lacub.fr/nature-cadre-de-vie/nature-cadre-de-vie

La Communauté urbaine de Bordeaux (Cub), dont la moitié du territoire est constituée d’espaces naturels et agricoles, vient de retenir cinq équipes pluridisciplinaires dans le cadre de la consultation « 55000 hectares pour la nature ».

Cette opération constitue le pendant de la démarche «50 000 logements autour des transports publics» et reste dans des chiffres forts pour faciliter sa démarche marketing et marquer le coup. Elle a ainsi le mérite d’être facilement assimilable pour le grand public.

Les équipes retenues, soumises à un « dialogue compétitif » de septembre 2012 à janvier 2013, doivent appréhender le rôle de la nature dans l’agglomération bordelaise tant dans ses fonctions sociale (loisir, cadre de vie), qu’économique (agriculture urbaine, tourisme vert) ou environnementale (biodiversité). C’est une des premières fois que l’agriculture urbaine est appréhendée à cette échelle et intégré avec d’autres thématiques (urbanisme, paysage, économie, tourisme, écologie…). Espérons que la notion de résilience et d’écosystème (au sens permaculturel du terme) sera intégrée par ces équipes pour repenser l’agglomération bordelaise.

Plusieurs domaines d’intervention ont été identifiés : le cœur des villes, où il faut réapprendre à se tourner vers le paysage et redécouvrir la biodiversité ; les grands espaces agricoles et forestiers, avec l’encouragement aux productions « bio » consommées localement et une ouverture au public de certains de ces espaces ; la valorisation des zones humides ou inondables où il s’agit de favoriser une mixité d’usages ; l’affirmation de trames vertes et bleues ; l’affectation des friches et espaces en mutation à des projets nature. La définition des projets est planifiée entre mai 2013 et janvier 2014.

La ville de Seattle prévoie de mettre en place une forêt comestible de près de 3 hectares, à près de 3km du cœur de la ville, dans le quartier du Beacon, dans le but de produire du bois et de la nourriture en libre service, pour les habitants du quartier et les visiteurs. Le projet est directement inspiré des principes de la permaculture, il visera à recréer un écosystème pérenne au et sera un des premier de ce type aux Etats-Unis.

Située dans un des quartiers populaires de Seattle, la forêt aura une fonction sociale, entre autre grâce aux fruitiers en libre service qu’elle mettra à disposition.

Le projet est déjà engagé et doit se mettre en place sur plusieurs années, porté initialement par les Friend of the Food Forest, puis mis en place par la ville.

http://beaconfoodforest.weebly.com/

Les forêts urbaines commencent à revenir dans l’actualité en France, mais sans prendre en compte leur utilité réelle. Ces projets perçoivent rarement la forêt en tant outil de résilience, qui va au delà du simple outil de récréation ou respiration pour les espaces urbains alentours (avec augmentation de leur valeur immobilière).

Les effets sont en effet multiples:

– apports en matériaux;

– séquestration du CO2;

– source de biodiversité;

– apport en nourriture;

– amélioration du climat urbain (lutte contre les îlots de chaleur etc.);

A quand des forêt comestibles urbaines à Paris? La forêt linéaire, dans le 19ème? Peuvent elles être des outils de reconquête des espaces urbains délaissés?

http://semavip.digitalmeanings.fr/nos-projets/les-projets-en-cours/claude-bernard/la-foret-lineaire

Les villes ont progressivement perdu contact non seulement avec la nature, mais aussi avec leur composante nourricière. Autrefois présents au cœur de la ville et à son pourtour, maraîchers et vergers se sont trouvés atteins par l’étalement urbain et la spéculation immobilière. Il en résulte un paysage urbain banalisé, artificialisé et une insécurité alimentaire accrue.

Avec la montée des prix du pétrole et plus généralement la crise écologique et sociale, de nouveaux rapports de proximité sont à réinventer, avec des productions vivrières locales et  une plus grande place à la biodiversité, au cœur de la ville.

L’enjeu est de renouer avec l’idée d’une ville comestible, où chaque espace vert a une utilité autre que d’être regardé, où chaque espace public laisse place à une appropriation collective et non exclusive, où les espaces « délaissés » ne le sont plus et font l’objet d’une valorisation « comestible ».

Le développement de vergers urbains sera une des composantes fortes du mouvement, en complémentarité avec les jardins partagés. Le projet consiste entre autre à ramener en ville les arbres fruitiers et les plantes comestibles qui les accompagnent, de les rendre accessibles à tous.

Les apports, les fonctions des arbres fruitiers en ville sont multiples et vont au delà de l’apport nutritionnel :

  • Produire localement de la nourriture;
  • Sensibiliser à l’alternance des saisons, développer un nouveau rapport à la nature et à ses ressources, y compris en milieu urbain dense;
  • Développer les rencontres, les échanges, autour des moments de plantation et des récoltes;
  • Favoriser la conservation, la diffusion de variétés anciennes et plus généralement la biodiversité;
  • Qualifier l’espace, apporter le végétal au cœur de la ville;
  • Améliorer le climat urbain (Capter le CO2, Améliorer la qualité de l’air, Rafraîchir la ville);

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Face à la montée de l’insécurité alimentaire et dans la dynamique des circuits courts, le sujet de l’agriculture urbaine devient lui aussi de plus en plus médiatisé. Au point d’attirer l’attention des designers et architectes.

Ces acteurs cherchent à l’adapter à une des principales contraintes de la ville : l’espace restreint et la rareté des sols. Ils s’adaptent ainsi au site et à ses ressources en développant des projets de fermes verticales, des fermes sur les toits, ou des fermes container.

L’agence d’architecture SOA en fait partie, tout comme le projet U-Farm, initié par un designer (Damien Chivialle).

L’agence SOA est à l’initiative du LUA (Laboratoire d’Urbanisme Agricole), dont l’objectif est de développer projets et recherches sur la thématique des fermes urbaines.

http://www.soa-architectes.fr/fr/#/fr/projects/tag/14

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Se sentant sans doute coupable de contribuer à la destruction d’une centaine d’hectares de terres agricoles fertiles, la plupart des 4 cabinets d’architectes retenus dans le cadre du concours de conception du projet Europacity (plus de 500 boutiques, piste de ski, parc aquatique, une douzaine d’hôtels etc.) ont surfé sur la tendance « agriculture urbaine », en prévoyant des toitures cultivées. Reste à savoir si ces toits reprennent la terre du sol préexistant, si les aspect techniques ont été pris en compte, contrairement à ce que les images laissent penser: coût, structure des bâtiments, accessibilité, dispositifs techniques liés aux fonctionnement du bâtiment (issues de sorties de secours, ventilation, etc.).

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