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 Publié par Lumières de la ville

 « Nos métropoles occidentales débordent de corps en trop, de rebuts humains épars ; expulsés d’ici comme d’ailleurs ; flanqués à même le bitume ; réfugiés dans les délaissés, déprises et autres innommables zones ; logés dans l’insalubrité, le surpeuplement ou la solitude, tout au bord de la rue. Simultanément – conséquence et cause à la fois –, nos métropoles se dépeuplent de ce qui fait d’une ville une ville : des formes et pratiques de l’accueil et de la solidarité, des espaces et des gestes qui font l’hospitalité » – Sébastien Thiery, politologue –

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Collectif parisien de soutien aux exilé.e.s© Laurent Grossmann
Source: Page Facebook du Collectif parisien de soutien aux exilé.e.s


C’est aujourd’hui la journée mondiale des réfugiés. A cette occasion Lumières de la ville a questionné Sébastien Thiery, le directeur du Pôle d’exploration des ressources urbaines (PEROU), sur trois formes d’habitats construits par et pour la migrance et le transit : La Jungle de Calais, le camp humanitaire de Grande Synthe et les campements parisiens.

Propos recueillis par Jasmine Léonardon

Ldlv : Parlez-nous de vos actions avec le PEROU, en particulier sur les villes informelles

S.T : Le PEROU est un groupe de recherche qui œuvre sur des situations de vie caractérisées par la violence et l’hostilité, que collectivement, nous entretenons.
Qu’il s’agisse d’individus isolés comme les SDF, de populations dites « Roms » vivant en bidonville ou de migrants fuyant l’inhabitable, le PEROU travaille sur les formes d’urbanité que ceux qui n’ont pas droit au chapitre urbain inventent malgré tout, au mépris de l’hostilité qui prévaut.

En prêtant attention aux lieux de vie qui s’inventent à l’ombre de la ville légale, en documentant les constructions qui s’y déploient, les rêves qui s’y affirment, les interactions avec la ville qui s’y jouent, nous cartographions des formes d’habitat non repérées comme telles. En prenant soin de celles-ci, en travaillant à leur accompagnement, à leur amplification, nous suivons l’hypothèse que construire vaut mieux que détruire pour répondre aux questions que ces situations de crise nous posent.
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Charlotte Cauwer, architecte, le 31 mai 2016.© Charlotte Cauwer, architecte, le 31 mai 2016
Par le dessin, Charlotte documente ce qui s’invente à Calais. Ici: Un équipement créatif, un restaurant-cinéma
Source: Réinventer Calais

En partant de l’existant, nous affirmons la nécessité de considérer l’inscription dans le territoire des personnes en question, contredisant les récits de la catastrophe permettant de les considérer « hors-sol », sans ressources et sans attaches, autorisant alors toutes les procédures d’éloignement, de déplacement, de placement.

Nous refusons l’idée commune qu’il s’agisse là de corps en trop, à prendre en charge. Nous nous efforçons de faire entendre que vivent là des habitants en plus, dont les interactions avec la ville qualifient, nourrissent et embellissent potentiellement celle-ci. Nos actions visent ainsi à faire apparaître ces richesses invisibles, à donner la mesure de la fécondité des relations sociales, politiques, commerciales, architecturales, qui se multiplient, en contre-feu des procédures de déni qui prévalent. Le PEROU cherche à renverser les représentations, à réformer la langue.

Car notre langue est aujourd’hui d’une pauvreté infinie, inapte à rendre compte de l’épaisseur de l’expérience, de la singularité de ce qui a lieu.

Que veut encore dire « informel », quelles formes habitées de la Jungle ne le seraient pas assez pour demeurer officiellement « sans forme » ? Que veut encore dire « pérenne », argument servant à disqualifier non ce qui ne dure pas mais ce qu’on ne veut voir durer, quand le Forum des Halles à Paris ne dure pas 30 ans, et quand l’architecte nous livre du bâti avec une garantie seulement décennale ? Que veut dire encore « nomade », quand on accepte de penser que les sédentaires que nous prétendons être changent d’innombrables fois de lieu de vie durant leur existence ? Trimbaler ces éléments de langage c’est nous assurer de ne rien comprendre à ce qui a lieu à Calais aujourd’hui, c’est demeurer empêtrés dans nos impasses, et ne répéter que des solutions abstraites dont la violence résulte d’abord du fait qu’elles méprisent l’expérience des hommes dont elles sont censées régler les problèmes. Notre langue aujourd’hui écrase la Jungle, avant même que les bulldozers ne passent sur les constructions qui la composent.

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DSC07263Le Calais Mag papier dans la Jungle, sur la table d’un bottier
Photo : Charlotte Cauwer

Ldlv : Vous avez lancé l’appel à idées Réinventer Calais avec la parution d’un faux journal municipal. Quel objectif ces deux initiatives visent-elles ?

L’autre journal municipal de la Ville de Calais, réalisé en collaboration avec le designer Malte Martin et distribué en avril à 12 000 exemplaires dans les rues de la ville, rend compte de ce qui s’invente, s’affirme, se construit dans et autour de la Jungle.

A la lisière entre réalité et fiction, il prête aux acteurs publics une autre voix, à leur action une autre perspective, constructive et hospitalière enfin. Il s’ouvre ainsi par « L’édito que la maire de Calais n’a pas écrit », qui pose implicitement la question du caractère vraisemblable d’une autre politique, et qui démontre en négatif combien est invraisemblable la politique aujourd’hui conduite : violente certes, mais aussi outrageusement dispendieuse, et n’offrant aucune autre perspective que la reconduction du bidonville un peu plus loin.

Néanmoins, nous essayant à tenir un discours qui n’est pas tenu, nous éprouvons en même temps la difficulté d’occuper cette place d’acteur public confronté à la complexité de la situation calaisienne : il ne s’agit pas de donner des leçons, encore moins d’insulter ou d’invectiver, mais d’essayer de frayer le chemin à une pensée de l’action qui puisse s’entendre aux oreilles de tous les acteurs concernés, des Calaisiens y compris.
L’appel à idées Réinventer Calais, énoncé dans les pages de cet autre « Calais Mag », prolonge cette volte-face fictionnelle des acteurs publics : sur la base d’un autre regard sur ce qui a lieu, il porte une autre vision de ce qui pourrait avoir lieu demain. Il raconte que Calais pourrait devenir le lieu d’un chantier manifeste, d’envergure internationale, donnant à la ville le rang de capitale européenne de l’hospitalité. Il est à l’endroit précis où se déroule l’action du PEROU qui, ici comme ailleurs, cherche à déclencher des processus de construction, et se place donc juste après la violence, et juste avant le projet, comme agent-rotule d’une bascule qui nous paraît non seulement nécessaire, mais possible.

Les exemples précèdent notre démonstration : dans la Jungle, l’Ecole du chemin des dunes construite par Zimako Jones, réfugié nigérian, est devenue si puissante que le rectorat a mobilisé deux enseignants afin d’y dispenser les cours.

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Silva-Gori-Michael-01-1255x918L’école du chemin des dunes
© Michael Silva Gori, photographe
Source: Réinventer Calais

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Silva-Gori-Michael-02-1255x918L’école du chemin des dunes
© Michael Silva Gori, photographe
Source: Réinventer Calais

Rendre aussi puissants les théâtres, les lieux de culte, les commerces, les lieux de rencontre, qui se sont construits en un an à peine c’est viser ce même processus de renversement des évidences, et des politiques publiques avec. En somme, ce sont les réfugiés eux-mêmes qui sont les chercheurs que nous nous efforçons d’être, qui construisent les conditions d’un autre avenir, et formulent les utopies de demain que nous nous efforçons de faire advenir.

Nous sommes d’abord là pour consigner ce travail inouï, pour nous en inspirer, et pour apporter nos moyens de représentation et d’action pour en prolonger la perspective, pour éviter que barrage soit dressé sur le chemin de ces inventions.

Car c’est ce qui aujourd’hui a lieu : on détruit, expulse, mobilise des forces de l’ordre et hérisse le territoire de barbelés et, pour détourner le regard de cette faillite de la pensée, on programme la création d’un parc d’attraction à 275 millions d’euros, nommé qui plus est « Heroïc Land ». Ce projet, soutenu par le Fonds national de développement et aménagement du territoire, est présenté comme une « mesure compensatoire » pour la ville de Calais eu égard à la crise migratoire qu’elle connaît. Pour 30% de cette somme délirante, nous pourrions mettre en œuvre 9 grands projets d’accueil, ce qui serait une autre manière de répondre à cette crise là…

Ldlv : Vos actions se rapprochent-elles de celles de Médecins sans Frontières, de Actes et Cités et des étudiants de l’école d’architecture de Belleville qui œuvrent à la construction d’un camp humanitaire à Grande Synthe ?

C’est un chemin bien différent que nous entreprenons. D’abord, nous refusons de céder à l’urgence, et aux grands gestes relevant de la gestion de crise : prendre soin de ce qui s’invente, s’affirme, se construit, c’est accueillir ces situations en considérant ce qu’elles peuvent apporter à la collectivité, et non « prendre en charge » les personnes comme un fardeau auquel il faudrait consentir pour des raisons morales. Ensuite, cet encampement, tout humanitaire soit-il, se construit contre la raison urbaine, et déclasse hors-la-ville les personnes que l’on dit accueillir, alors qu’il faudrait cultiver l’urbanité que leur rencontre avec le territoire a fait se développer, les liens créés avec la ville de Calais ou de Grande-Synthe, avec les associations, avec les riverains, tous ces éléments sensibles qui font précisément l’humanité d’une situation.

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Le camp humanitaire de grande Synthe se compose de baraquements, en lisière de voie ferrée
Source: france3-regions.francetvinfo.fr

Laissant la situation s’embourber à Grande-Synthe, et déplaçant enfin, juste avant explosion, les personnes sur un terrain en lisière de la ville, entre voix ferrée et autoroute, témoigne du peu de soin porté à l’humanité précisément. Enfin, l’architecte se précipite là en faisant valoir ses solutions parfaitement techniques, comme si le problème était de cet ordre là. Nous savons faire des modules de toutes sortes depuis des décennies, des niches en plus pour des corps en trop, des boîtes à migrants de toutes les couleurs ! L’architecte-designer de camps ou de modules, tout écologiques ou conviviaux soient-ils, nous détourne avec ses images et ses gestes frappés d’incontestabilité morale de la question centrale : celle de la ville qu’il nous faut construire ensemble, habitants provisoires que nous sommes tous, migrants comme prétendument non migrants.

Qu’ils soient faits de toile, de containers, ou de modules en bois flanqués en ligne ou en rond, ces camps ne relèvent pas d’une politique de la ville, mais d’une gestion de crise qui produit des formes d’hétérotopies sans avenir, des enclaves de territoire et de pensée qui ne nous font pas avancer d’un pouce sur la question qui reste la nôtre : comment vivre ensemble ?

 

Ldlv : Si j’ai bien compris, vous dénoncez la délocalisation et prônez l’accompagnement de la construction des camps à leur emplacement d’origine, en y apportant des structures en dur, des sanitaires, des « équipements » etc… Mais un campement est un lieu de transit. Comment penser une ville où l’on ne reste pas ? Et si au lieu de penser l’escale nous pensions l’enracinement ?

Il n’y a aucune fatalité au passage comme à l’enracinement. Il n’y a que des femmes, des hommes, des enfants dont le destin est frappé d’incertitude et qu’il nous faut savoir accueillir comme s’ils étaient nos parents ou nos voisins, ce qu’ils sont de facto. Le destin se reconfigure éventuellement à l’aune de la qualité de l’accueil, et la nécessité de passer à tout prix peut s’altérer si on est reçu autrement que par la matraque. La possibilité de passer plus facilement peut aussi s’envisager si, ici-même, l’on en vient à vivre mieux, à développer une économie, à accéder à ses droits, à tisser des liens d’entre-aide et d’amitié. Dans la Jungle, une économie se déploie, des relations humaines puissantes se tissent, des écoles s’inventent, des métissages viennent à éclore. Détruire tout ceci c’est anéantir les ressources constituées aujourd’hui pour vivre autrement demain.

Chassons la boue, non les hommes !

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© Jean Larive, photographe, le 12 juin 2016, la Jungle de Calais
Source: Réinventer Calais
 Investissons 150 000 euros par jour dans des services publics dans la Jungle, non pour mobiliser 16 unités de forces mobiles dans la ville ! Embellissons les écoles, ouvrons des théâtres, prenons soin de ce qui s’invente à l’interface entre la ville et le bidonville ! Ainsi, une tout autre vision de la situation nous apparaîtra, ainsi nombre d’autres issues à la crise se dessineront. Parions sur la liberté, plutôt que sur la répression, concédons que nos solutions abstraites et normées n’en sont pas, et expérimentons ! Sans doute, une nouvelle urbanité, une nouvelle économie, une nouvelle école, de nouvelles pièces de théâtres en émergeront. Et un nouvel avenir, ici ou ailleurs, pour les personnes concernées. Ce n’est pas un hasard si le paysagiste Gilles Clément est président du PEROU. Son art du « jardin en mouvement » repose sur l’accompagnement de la nature et du temps ainsi que sur un savant « laisser faire » plutôt que sur une féroce « lutte contre » (les espèces invasives ou indésirables). « Faire le plus possible avec, le moins possible contre » pour donner au jardin des allures de friche fertile, c’est l’idée que nous nous faisons de la ville.
Ldlv : Paris accueille également des camps, dans lesquels le renouvellement est plus rapide et qui sont inlassablement démantelés. Quelles préconisations formuleriez-vous ?

A Paris, avec les migrants, se sont tissées mille relations, plus ténues, moins observables, plus récentes aussi. Les élans de solidarité des riverains et des commerçants pour approvisionner les migrants en vêtements, en tentes et en repas chauds s’additionnent à l’investissement des associations de soutien. Des relations d’amitié se sont nouées, le sentiment d’attachement est manifeste. Comme ailleurs pourtant, ce qui s’est si fragilement construit à Stalingrad puis à Eole a été balayé d’un coup d’engin, mobilisé là, bien entendu, pour des « raisons humanitaires ».

Comment ne pas tenir compte de tout ce qui s’est construit autour des lycées Jean-Jaurès et Jean Quarré, comment ne pas considérer le pouvoir d’action et d’invention de ceux qui accompagnent au quotidien les migrants, comment ne pas constater que les parisiens construisent aussi Paris en accueillant des réfugiés ? Ce sont ces gestes, ces actes, ces constructions matérielles et immatérielles qui font les fondement de la ville à venir. Au mépris de cela, c’est la mise en camp qui est programmée, comme si de ville il n’en était pas question en ces situations dites « intolérables ».

C’est que à Paris, comme à Grande-Synthe ou à Calais, il apparait intolérable que la ville prolifère, s’invente, s’improvise, et en vienne à s’avérer plus puissante que la ville planifiée, normée, réglée.

Ainsi déploie-t-on des efforts extravagants pour contenir (par le conteneur), neutraliser (par le camp), contrôler et infantiliser (par la prise en charge spécialisée). A Paris, plutôt que faire des camps, nous devrions mobiliser les milliers de logements vacants voisinant ceux des riverains solidaires, au cœur donc de l’écosystème qui s’est développé ces derniers mois, et transformer et relier ces espaces pour les faire apparaître telle une constellation vive, tel un haut-lieu diffus dans la ville. Plutôt que de « libérer » les espaces publics de Stalingrad ou de Jaurès, nous devrions cultiver ce que ces extraordinaires mouvements de solidarité ont enfanté, et donner forme à de nouveaux équipements collectifs permettant de garder vives les relations déjà tissées : théâtres éphémères, antennes des associations, lieux d’information, de ressource, d’orientation, espaces d’exposition et de récit de ce qui a eu lieu, de ce qui a fait lieu.

L’enjeu reste toujours pour le PEROU de savoir reconnaître ce qui au milieu de la crise n’est pas la crise, pour lui faire de la place, et cultiver ainsi d’autres espaces communs, d’autres villes que ce qui nous en tient lieu aujourd’hui, à savoir de l’espace de contrôle et de gestion des corps, finalement toujours en trop.

En savoir plus sur http://www.lumieresdelaville.net/2016/06/20/ces-chercheurs-qui-developpent-lhypothese-que-les-refugies-augmentent-notre-realite-urbaine/#zIORW7IdqGBt5X9r.99

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« Paris fait dorénavant partie du réseau mondial des villes résilientes, initiative lancée par la Fondation Rockefeller. 32 villes avaient déjà été choisies en 2013. Le 3 décembre, le Sommet de la résilience urbaine à Singapour en a invité 35 nouvelles, dont Paris, Londres, Milan, Athènes, Barcelone…

À terme, 100 villes dans le monde feront partie de ce réseau dont le concept, la résilience urbaine, est défini par « la capacité des individus, des communautés, des institutions, des entreprises et des systèmes à survivre, s’adapter et croître, quels que soient les types de tensions chroniques et de crises aiguës qu’ils subissent. »

Président de « 100 villes résilientes », Michael Berkowitz explique : « En reliant les villes entre elles et en les mettant en contact avec des experts du renforcement de la résilience, nous visons à créer une pratique mondiale de solutions de résilience évolutives et adaptables, de sorte que les villes puissent répondre aux défis urbains de ce siècle d’une manière plus efficace et performante ».

Chaque ville du réseau est ainsi éligible à recevoir une subvention pour embaucher un responsable en chef de la résilience, qui dirigera l’analyse, la planification et la mise en œuvre de la stratégie de résilience de la ville, en collaboration avec différents organismes gouvernementaux et dans tous les secteurs de la société. Elles recevront également le soutien technique et les services dont elles ont besoin dans leurs activités de mise en œuvre de cette stratégie, ainsi que l’accès à divers partenaires de la plateforme des secteurs privé, public et à but non lucratif. Ces partenaires offriront des outils novateurs dans des domaines comme la finance, la technologie, les infrastructures, l’occupation des sols et la résilience communautaire et sociale. »

350 candidatures avaient été déposées en 2014 dans plus de 90 pays.

http://gpmetropole.fr/blog/paris-ville-resiliente/

Notons que la Résilience était le thème du Forum économique de Davos en 2013. Suite à l’article ci-dessus, il paraît judicieux de revenir sur notre définition de la résilience urbaine, celle qui guide ce blog depuis son origine. Notre définition s’inscrit en opposition à cette idée que les villes peuvent constamment croître sans compromettre leur résilience ou leur durabilité. Cette logique de développement défendue par le système (capitalistique) actuel annonce malheureusement ce qui est arrivé à la notion de développement durable, avec l’idée que nous pouvons perpétuer ce même système, voir même le renforcer en le rendant plus écologique, alors que la sortie de l’impasse vers lequel il nous mène impose un changement beaucoup plus radical. Ce dont le système a besoin, c’est beaucoup plus qu’une simple adaptation, à la marge, ou un renouvellement du vocabulaire mais un renouvellement total.

La résilience désigne à l’origine la capacité d’adaptation et de récupération d’une personne à la suite de difficultés. Depuis les années 2000, ce mot s’est peu à peu appliqué à d’autres entités, à tout ce qui est capable de surmonter des épreuves, ou des crises pour atteindre de nouveaux équilibres.

Il permet de faire face à l’incertitude des systèmes complexes. Or, la ville est dotée d’une extrême complexité, tout comme l’être vivant. Le concept de résilience urbaine découle directement du concept de résilience écologique, définit par l’écologue canadien Holling. Il considère la résilience comme la quantité des désordres qu’un écosystème peut absorber tout en conservant ses fonctions. Dans sa théorie, les systèmes complexes sont soumis aux changements perpétuels de leurs milieux, hautement imprévisibles, et s’auto-organisent selon des réactions situées à plusieurs échelles d’espace et de temps.

Principalement resté dans le domaine de la catastrophe, le concept de résilience urbaine s’élargit à d’autres facteurs, à d’autres types de crises, moins brutales, mais plus profondes, telle que la crise découlant du pic pétrolier, abordé par les initiatives de transition. La résilience urbaine est un processus qui amène à l’homme de renouer avec son milieu, sans opposer ville et nature, pour construire un nouvel idéal urbain.

La résilience est la condition nécessaire à la durabilité (Folke et al., 2002; Klein et al., 2004). Elle est aussi la propriété d’un système (durable), qui reste à imaginer.

« améliorer la résilience augmente les chances d’un développement durable dans un environnement changeant où le futur est imprévisible et la surprise est probable » (Folke et al., 2002)

« Contrairement à la ville stable, sécurisée, hiérarchisée, optimisée et normée, chère au développement durable, la ville résiliente est flexible et transformable. Elle fonctionne en hétérarchie, limite les dépendances et multiplie interconnexions et redondances entre les différentes échelles de fonctionnement. Le risque fait partie de ses fondements, tout comme les ressources qui peuvent s’en dégager….La crise est révélatrice d’opportunités… » (Marco Stathopoulos, , dans Qu’est que la résilience urbaine?, revue Urbanisme n°381)

La ville résiliente est donc une ville

  • à la fois souple et résistante;
  • ouverte au changement, aux influences positives;
  • diverse, complexe mais constitutive d’un écosystème commun intégré, interconnecté et redondant;
  • ouverte aux autres et sur l’extérieur, tout en étant solidement ancrée dans son territoire;
  • qui réduit son empreinte écologique par sa frugalité et en s’appuyant sur des ressources locales et renouvelables,
  • interdépendante, elle fait l’objet d’un cycle permanent, avec un métabolisme bénéficiant d’un approvisionnement alimentaire et énergétique local,
  • non productrice de déchets, considérés comme des ressources;
  • bâtie par et avec ses habitants;

Sans titre-2

Les chantiers qui s’ouvrent pour Paris, ville résiliente sont de taille, mais pas insurmontables. La capitale pourra ainsi s’appuyer sur sa diversité, sur la densité de ses liens sociaux, sa faible dépendance vis à vis de l’automobile, mais devra renforcer ses liens avec la nature, renforcer sa résilience alimentaire en développant l’agriculture urbaine et une ceinture vivrière (à l’échelle régionale), diminuer sa consommation énergétique en développant un mix énergétique et l’autoproduction, se diriger vers une politique zéro déchets, tout en impliquant l’ensemble de ses habitants.

Du 20 au 29 septembre, dans le 18ème arrondissement de Paris et en Île de France, se déroulera la deuxième édition du Festival des Utopies Concrètes. Au programme : des rencontres, des projections, des soirées conviviales autour de l’agriculture urbaine ou péri-urbaine, l’alimentation, le recyclage, l’énergie, les transports, les monnaies complémentaires, l’habitat collectif ou partagé, les systèmes d’échanges locaux… Bref, plein de jolies alternatives en perspective.

Le Festival Utopies Concrètes débute vendredi 20 septembre, dans le 18ème arrondissement de Paris, au cœur du jardin partagé de la Goutte Verte, 4 rue Cavé. Continuer à mobiliser, sensibiliser et passer à l’action, telle est l’ambition de cette seconde édition. Cette ouverture, festive et politique, en lien avec Parking Day, permettra de découvrir le programme du FUC, de dévoiler le Manifeste des Espaces Collectifs et Partagés et accueillera l’arrivée de la Vélorution, pour son dixième anniversaire.

Le lendemain, samedi 21 septembre, la ZUC (Zone d’Utopies Concrètes) organisée sur l’esplanade du jardin d’Eole (rue d’Aubervilliers dans le 18ème arrdt, M° Stalingrad) regroupera de nombreuses associations, collectifs, coopératives, maisons d’édition pour présenter une large palette d’alternatives, d’expérimentations et de résistances en Ile-de-France.

Les jours suivants proposeront à Paris et en Ile-de-France, de multiples rendez-vous, des projections, des soirées conviviales et solidaires autour de la crise en Europe et des alternatives possibles, de la politique, des monnaies complémentaires, des résistances aux grands projets inutiles, de la transition énergétique…

Le nouveau rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sera au cœur des débats du Festival des Utopies Concrètes qui se conclura les 28 et 29 septembre par les automnales de la permaculture.

Le Festival souhaite être un moment de réflexion, de rencontres et d’actions, autour d’échanges, de partages et de retours d’expériences à partir d’initiatives locales sur des thématiques aussi vastes que l’agriculture urbaine ou péri-urbaine, l’alimentation, le recyclage, l’énergie, les transports, les monnaies complémentaires, l’habitat collectif ou partagé, les systèmes d’échanges locaux…

Le Festival des Utopies Concrètes entend susciter l’émergence de nouvelles alternatives sur les territoires, à Paris et en Ile-de-France, mais aussi d’imaginer des formes d’utopies concrètes permettant une transformation de la société à travers des pratiques et des réflexions collectives. Avec pour objectif, d’encourager la construction de modes de vie résilients, pour résister aux secousses économiques, sociales et environnementales.

Programme complet du Festival des Utopies Concrètes 2013.

www.festivaldesutopiesconcretes.org

Le mouvement des villes en Transition Ile-de-France et plusieurs collectifs, associations et coopératives ont souhaité organiser dix jours autour des alternatives concrètes locales et de la permaculture pour anticiper et réfléchir à la manière d’affronter les crises environnementales mais aussi sociales et économiques qui se préparent.

L’idée de ce Festival est d’être un moment de réflexion et de rencontres, basé sur des échanges, des partages et des retours d’expériences à partir d’initiatives locales sur des thématiques aussi vastes que l’agriculture urbaine ou péri-urbaine, l’alimentation, le recyclage, l’énergie, les transports, les monnaies complémentaires, l’habitat collectif ou partagé, systèmes d »échanges locaux…

Notre volonté est non seulement de susciter l’émergence de nouvelles alternatives sur nos territoires (et notamment à Paris et en Ile-de-France) mais aussi d’imaginer des formes d’utopies concrètes permettant une transformation de la société par nos pratiques et nos réflexions. Avec en point de mire, la volonté de construire des modes de vie résilients, adaptés aux secousses économiques et environnementales que nous connaissons déjà à travers les bouleversements climatiques ou les crises financières depuis 2008.

Tisser des liens avec les autres continents

Nous avons aussi souhaité donner une dimension « internationale » à cette 1ère édition avec une soirée d’ouverture jeudi 27 septembre dans le 2eme arrondissement (salle Jean-Dame) qui verra l’intervention de représentants de communautés indiennes du Guatemala et Équateur en lutte contre des industries pétrolière détruisant leur territoire et donc leur savoir-faire traditionnel basé sur l’utilisation (et non l’exploitation…) des ressources naturelles de leur territoire.
Avec en toile de fond, la volonté de montrer que la transition est un projet de société ouvert sur le monde, ce Festival souhaitant non seulement tisser des liens avec des initiatives d’autres continents mais aussi réfléchir à nos rapports avec tous les peuples.

De nombreuses associations, collectifs, coopératives sont d’ores et déjà engagés dans le programme que nous mettons au fur et à mesure en place  : les AMAP Ile-de-France, Terre de Liens, plusieurs jardins partagés parisiens, les Amis de la Terre, les collectifs contre les gaz et le pétrole de schiste, Marché sur l’Eau, Enercoop et Énergie partagé, Vélorution… , la liste complète sera présentée très bientôt sur le site.

Le Village des Utopies Concrètes

Plusieurs revues et médias dont Mouvement ou encore Basta Mag suivront le Festival, dont l’un des temps forts, outre les cinq journées consacrées à des thématiques particulières, sera le village des Utopies Concrètes samedi 29 septembre, 55 quai de Seine dans le 19ème.

Celui-ci regroupera face à la péniche Antipode de 10h à 18h, l’ensemble des associations et structures participantes avec des stands d’information, une librairie éphémère, des dégustations de produits locaux,  mais aussi des démonstrations pratiques (apiculture, recyclage, compostage, réparation de vélos…) des débats et des projections (notamment un film de Maxime Combe et Sophie Chapelle sur des alternatives locales en Amérique latine).

La dimension festive et artistique ne sera pas oubliée avec des concerts et des pièces de théâtre tout au long de ces 10 journées, dans les différents lieux où le festival fera étape.

 

 

 

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