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Résistance

13400842735_aca507c824_zLa répartition des ressources alimentaires et leur production fait partie des principaux enjeux  pour l’homme, qui l’ont amené à s’organiser pour gérer en communauté et de manière équitable les ressources locales, et ce depuis l’époque où il était chasseur-cueilleur. Le développement de l’agriculture l’a amené à se sédentariser et à fonder des villages, puis des villes et donc à modifier son rapport aux espaces de production. De nombreux espaces ont fini par sortir du « champ » des communs pour entrer dans une sphère privée, gérée d’une manière plus exclusive et au bénéfice d’un nombre limité de personnes.  Cependant, jusqu’à une époque récente, l’espace, même propriétaire restait accessible à tous, pour un usage commun. Ce qui était très pratiqué au moyen âge (avec les Common lands), a pris fin avec le développement de l’industrialisation et du capitalisme, par le mouvement des enclosures qui s’est concrétisé par la privatisation des terres.

On observe aujourd’hui un double mouvement contradictoire : d’un côté l’extension de la sphère privée, avec ce qu’on pourrait appeler les nouvelles enclosures et de l’autre ce que certains appellent une renaissance ou un retour des communs. L’extension de la sphère privée se concrétise à de multiples échelles, qui vont de territoires entiers à des morceaux d’espaces publics, en ville. Read More

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Durant 5 jours, à travers des espaces symboliques de la capitale ou de la région, qui parfois focalisent l’attention,  actions concrètes, débats, moments festifs et réflexions rythmeront ce festival.  Au delà de l’évènement  il s’agira d’enclencher une action permanente, vertueuse et participative.

La nécessité de produire en circuits courts des aliments sains, sans produits chimiques, fait de plus en plus consensus mais les solutions divergent, de même que les priorités. Les terres agricoles représentent près de la moitié des terres en île de France mais seule une très faible partie de la production est consommée localement.

Elles disparaissent en moyenne au rythme de 1650 ha par an dans la région, effacées par des projets souvent hors d’échelles, qui se cachent derrière des toitures ou des murs végétalisés et panneaux solaires.

Des jardins poussent sur les toits de centres commerciaux, des jardins potagers éphémères sont créés pour 3 jours sur des lieux culturels, sponsorisés par des constructeurs automobiles. Ailleurs, des serres verticales, en hydroponie hors de prix ou dispendieuses en énergie et déconnectées de leur environnement font parler les médias. La ville de Paris lance un appel à « végétalisation innovante », qui risque de faire fleurir des projets «greenwashisants», loin des préoccupations locales et des questions liées à l’autosuffisance alimentaire alors qu’en parallèle, des aménagements stériles continuent de se développer.

Parallèlement, des initiatives alternatives existent, se multiplient et portent une autre vision de la ville, une ville plus comestible, en agissant pas seulement sur quelques portions mises sous serre ou en scène.

Le temps est donc venu de se poser la question de la place des citadins dans cette dynamique et du rapport qu’ils peuvent entretenir avec l’espace public, de laisser libre cours à leurs projets sur les espaces urbains délaissés.

PROGRAMME

Lundi 1er mai 15h :  Le Jour des Tournesols (Sun Flower Day), porté par la Guerilla Gardening, sera l’occasion « d’encercler » Paris de plantations. guerilla-gardening-france.fr
Lieu : devant l’atelier C’est Pointé, croisement rue Vitruve / rue des Orteaux.

Jeudi 2 mai 19h : Rencontre / Débat. Des Jardins collectifs à l’espace public : Quelle place pour l’agriculture urbaine? Animation par Frédérique Basset (Graine de Jardin), avec Jacky Libaud, Sandrine Baudry, Marie Dehaene, la Guerilla Gardening, …
Lieu : Maison des Acteurs du Paris Durable. 21, rue des Blancs Manteaux 75004

Vendredi 3 mai 14h-19h : l’Apiculture en pratique. avec Miel de quartier.
Lieu :  71 bis rue Pierre de Montreuil, 93200 Montreuil

Vendredi 3 mai 19h  : des abeilles aux fruits. Interventions autour de l’apiculture et ses produits, du frugivorisme et des vergers urbains. PAF : un fruit.  Au menu : Sangria et salade de fruits et musique.
Lieu : à confirmer

Samedi 4 Mai : Une journée d’action autour de l’alimentation et l’agriculture urbaine, portée par Les Incroyables comestibles et Montreuil en Transition, en lien avec le festival Tous Acteurs à Montreuil.http://montreuilentransition.fr/tous-acteurs/

Dimanche 5 Mai 10h30-19h : Journée de la Permaculture : l’agriculture urbaine est sur la bonne voie. Des actions concrètes collectives aux abords de la petite ceinture parisienne. (entrée Rue Florian). Initiation Permaculture, ateliers pratiques de jardinage, balade autour des plantes comestibles, musique, picnique, transhumance, troc de graine, scéance de yoga reliance collective, scène ouverte, les graines en folie, …

et aussi, le 12 mai sur la grande ceinture vivrière (avec l’association Relocalisons à Chènevières sur Marne) avec  des actions concrètes d’agriculture périurbaine.

Toutes les infos à jours (lieux, horaires, logistique etc.) seront sur festivaldesutopiesconcretes.org/festival-agriculture-urbaine/
Si vous souhaitez participer à l’organisation ou proposer des actions ou ateliers : contact@villecomestible.org

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Europacity : 2 700 chambres d’hôtel, 230 000 mètres carrés de galeries commerciales, une piste de ski, etc. Tout ça sur 80 ha de terres agricoles parmi les plus fertiles de France. On est à Gonesse, en 2020.  30 000 000 de visiteurs sont prévus par an, soit deux fois plus qu’à Eurodysney!. Première destination touristique d’Europe.

C’est l’agence BIG qui vient d’être retenue pour ce Big projet ‘ou Grand Projet Inutile Imposé, décrié par de nombreux collectifs, notamment le Collectif contre le Triangle de Gonesse (http://voe95.fr/cptg/?page_id=14), membre du Costif (Coordination pour une Solidarité des Territoires d’Ile de France). A l’heure où les centres commerciaux, de manière générale peinent à garder leur clientèle, et dans un secteur déjà saturé d’espaces commerciaux parmi les plus grands de la région (O’Parinor, Aeroville, etc.).

Entre aéroport, autoroute, usine automobile (PSA, menacé de fermeture), et centres commerciaux ou logistiques sur-dimensionnés  On est au coeur du Grand Paris, dans un secteur à contre courant d’un logique de résilience, un pôle  hautement compétitif en greenwashing.

Sans doute, en 2030, ce site attirera de nombreux visiteurs en tant que museum à ciel ouvert d’une société en fin de course.

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↑ La toiture végétalisée et les quelques cocotiers sur le toit vont ils compenser l’artificialisation des sols?

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/26/europa-city-ou-l-art-de-construire-des-pistes-de-ski-en-banlieue-parisienne_1851319_3244.html

suburbia

(A paraître le 10 avril 2013)

« Nous sommes dans la suburbia lorsque nous prenons la voiture pour aller acheter du pain. Nous sommes dans la suburbia là où les livreurs de pizza errent le soir sans fin dans les rues mal éclairées. Nous sommes dans la suburbia quand tous les bâtiments commencent à ressembler à des stations-services. Nous sommes dans la suburbia lorsque les bretelles d’autoroute constituent les repères spatiaux habituels. Nous sommes dans la suburbia si le temps que nous passons à garer notre voiture est inférieur à cinq minutes. Nous sommes dans la suburbia si, où que nous nous trouvions, notre horizon visuel est rempli de panneaux de signalisation. Nous sommes dans la suburbia là où les parkings désertés constituent des lieux de sociabilité nocturne. Nous sommes dans la suburbia si un centre commercial représente un pôle d’attraction hebdomadaire voire quotidien. Nous sommes dans la suburbia lorsque nous comptons les distances en temps et non en espace à parcourir. Nous sommes dans la suburbia lorsque l’expression « en ville » ne signifie plus rien. Nous sommes dans la suburbia là où les paraboles tournées vers le ciel abondent sur les toits et les balcons d’immeubles. Nous sommes dans la suburbia si le temps passé devant la télévision excède celui passé au travail et dans les transports. »

Bruce Bégout signe un essai inédit sur la suburbia, ces banlieues infinies où sont massés les habitants des sociétés contemporaines. Philosophe et écrivain français, il est maître de conférences à l’université de Bordeaux. Il a publié plusieurs ouvrages philosophiques, quatre essais aux éditions Allia (Zéropolis : L’expérience de Las Vegas, 2002 ; Lieu commun : Le motel américain, 2003 ; La Découverte du quotidien : Éléments pour une phénoménologie du monde de la vie, 2005 ; De la décence ordinaire, 2008), mais aussi un « documentaire fiction » à la manière de certains cinéastes tiré de son roman L’Éblouissement des bords de route (Éditions Verticales, 2004).

http://www.inculte.fr/Suburbia

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Les géants américains des nouvelles technologies (Apple, Google, Facebook) se refont un nouveau siège bien green. Tout y est : Éoliennes, panneaux solaires, Jardins sur les toits, économies d’énergie (au sein du bâtiment), végétation abondante, etc. Ce qui ferait presque oublier plusieurs couacs : Le nombre de stationnements : 1499 stationnements pour les 2800 employés de Facebook (Ratio : 1.86), 10 500 places pour les 14 200 employés de Apple (Ratio : 1.35).  Résultat : plus de 50% de l’énergie du bâtiment dépensé par le déplacement domicile travail des employés. Puisque biensûr, ces bureaux sont implantés en lointaine périphérie, sur des terres anciennement naturelles ou agricoles.

http://www.treehugger.com/green-architecture/lets-stop-calling-new-headquarters-apple-facebook-and-google-green-look-parking-ratios.html

C’est une aberration qui nous guette avec la « Silicon Valley » d’île de France : Le Plateau de Saclay. Futur lieu phare du greenwashing

De nombreuses villes canadiennes interdisent la mise en place de potagers en façade de leur habitation et imposent 30% de gazon. Un couple a eu l’idée d’en mettre un en place, ce printemps, à Drummondville (au Quebec).

Le 18 juillet 2012, les deux jardiniers ont reçus une lettre de la mairie exigeant que 30 % de la cour avant soit «engazonnée» d’ici cinq jours sous peine d’amendes quotidiennes de 100 à 300 $. “C’est une question de cohésion de la trame urbaine” d’après les responsables de la communeL’application de la décision de la décision a vite été reportée au 1er Septembre (question de crédibilité pour la mairie).

↑Je jardin, avant

 http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/354907/porte-etendard-malgre-eux-de-l-agriculture-urbaine

Entre temps, cette décision a suscité une levée de bouclier, au delà du Quebec et l’appui de plus de 35 000 personnes ayant signé des pétitions.

La mairesse les a finalement invité au conseil municipal du 13 Août, puis à participer à la préparation un nouveau règlement qui autorisera et encadrera les potagers de façade à Drummondville. C’est donc une victoire pour les potagers urbains.

↑Après!

 Espérons que cela consacre la fin d’une hégémonie, celle du gazon et fasse prendre conscience de l’utilité potentielle du moindre espace et faire naître une « esthétique comestible » dans le monde périurbain.

Le blog de ces deux terroristes : http://www.lepotagerurbain.com/

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