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Nature urbaine

http://www.lacub.fr/nature-cadre-de-vie/nature-cadre-de-vie

La Communauté urbaine de Bordeaux (Cub), dont la moitié du territoire est constituée d’espaces naturels et agricoles, vient de retenir cinq équipes pluridisciplinaires dans le cadre de la consultation « 55000 hectares pour la nature ».

Cette opération constitue le pendant de la démarche «50 000 logements autour des transports publics» et reste dans des chiffres forts pour faciliter sa démarche marketing et marquer le coup. Elle a ainsi le mérite d’être facilement assimilable pour le grand public.

Les équipes retenues, soumises à un « dialogue compétitif » de septembre 2012 à janvier 2013, doivent appréhender le rôle de la nature dans l’agglomération bordelaise tant dans ses fonctions sociale (loisir, cadre de vie), qu’économique (agriculture urbaine, tourisme vert) ou environnementale (biodiversité). C’est une des premières fois que l’agriculture urbaine est appréhendée à cette échelle et intégré avec d’autres thématiques (urbanisme, paysage, économie, tourisme, écologie…). Espérons que la notion de résilience et d’écosystème (au sens permaculturel du terme) sera intégrée par ces équipes pour repenser l’agglomération bordelaise.

Plusieurs domaines d’intervention ont été identifiés : le cœur des villes, où il faut réapprendre à se tourner vers le paysage et redécouvrir la biodiversité ; les grands espaces agricoles et forestiers, avec l’encouragement aux productions « bio » consommées localement et une ouverture au public de certains de ces espaces ; la valorisation des zones humides ou inondables où il s’agit de favoriser une mixité d’usages ; l’affirmation de trames vertes et bleues ; l’affectation des friches et espaces en mutation à des projets nature. La définition des projets est planifiée entre mai 2013 et janvier 2014.

La ville de Seattle prévoie de mettre en place une forêt comestible de près de 3 hectares, à près de 3km du cœur de la ville, dans le quartier du Beacon, dans le but de produire du bois et de la nourriture en libre service, pour les habitants du quartier et les visiteurs. Le projet est directement inspiré des principes de la permaculture, il visera à recréer un écosystème pérenne au et sera un des premier de ce type aux Etats-Unis.

Située dans un des quartiers populaires de Seattle, la forêt aura une fonction sociale, entre autre grâce aux fruitiers en libre service qu’elle mettra à disposition.

Le projet est déjà engagé et doit se mettre en place sur plusieurs années, porté initialement par les Friend of the Food Forest, puis mis en place par la ville.

http://beaconfoodforest.weebly.com/

Les forêts urbaines commencent à revenir dans l’actualité en France, mais sans prendre en compte leur utilité réelle. Ces projets perçoivent rarement la forêt en tant outil de résilience, qui va au delà du simple outil de récréation ou respiration pour les espaces urbains alentours (avec augmentation de leur valeur immobilière).

Les effets sont en effet multiples:

– apports en matériaux;

– séquestration du CO2;

– source de biodiversité;

– apport en nourriture;

– amélioration du climat urbain (lutte contre les îlots de chaleur etc.);

A quand des forêt comestibles urbaines à Paris? La forêt linéaire, dans le 19ème? Peuvent elles être des outils de reconquête des espaces urbains délaissés?

http://semavip.digitalmeanings.fr/nos-projets/les-projets-en-cours/claude-bernard/la-foret-lineaire

Les villes ont progressivement perdu contact non seulement avec la nature, mais aussi avec leur composante nourricière. Autrefois présents au cœur de la ville et à son pourtour, maraîchers et vergers se sont trouvés atteins par l’étalement urbain et la spéculation immobilière. Il en résulte un paysage urbain banalisé, artificialisé et une insécurité alimentaire accrue.

Avec la montée des prix du pétrole et plus généralement la crise écologique et sociale, de nouveaux rapports de proximité sont à réinventer, avec des productions vivrières locales et  une plus grande place à la biodiversité, au cœur de la ville.

L’enjeu est de renouer avec l’idée d’une ville comestible, où chaque espace vert a une utilité autre que d’être regardé, où chaque espace public laisse place à une appropriation collective et non exclusive, où les espaces « délaissés » ne le sont plus et font l’objet d’une valorisation « comestible ».

Le développement de vergers urbains sera une des composantes fortes du mouvement, en complémentarité avec les jardins partagés. Le projet consiste entre autre à ramener en ville les arbres fruitiers et les plantes comestibles qui les accompagnent, de les rendre accessibles à tous.

Les apports, les fonctions des arbres fruitiers en ville sont multiples et vont au delà de l’apport nutritionnel :

  • Produire localement de la nourriture;
  • Sensibiliser à l’alternance des saisons, développer un nouveau rapport à la nature et à ses ressources, y compris en milieu urbain dense;
  • Développer les rencontres, les échanges, autour des moments de plantation et des récoltes;
  • Favoriser la conservation, la diffusion de variétés anciennes et plus généralement la biodiversité;
  • Qualifier l’espace, apporter le végétal au cœur de la ville;
  • Améliorer le climat urbain (Capter le CO2, Améliorer la qualité de l’air, Rafraîchir la ville);

Le concept de Bio région est défendu par Alberto Magnaghi, le fondateur de la société des territorialistes. Il défend un urbanisme alternatif porteur d’un développement local, auto-soutenable, qui donne une valeur primordiale à la diversité, aux particularités identitaires et aux savoir-faire locaux. Le territoire devient l’acteur central de la production de la richesse (durable) et de l’économie (solidaire), en mettant en relation culture et nature, à travers une autogestion responsable des communautés locales. Le territoire est considéré comme un bien commun. www.societadeiterritorialisti.it

La Bio région s’insère dans le cadre d’une planification qui renouvelle totalement le dialogue entre l’homme et son environnement. En développant une économie créatrice d’emplois non délocalisables et en orientant les principes d’aménagement vers la reproductibilité autonome et globale de l’écosystème, autour du triptyque de la qualité environnementale et paysagère des espaces habités, de l’ancrage de leur aménagement dans les traditions culturelles et la participation des habitants et des acteurs locaux à l’élaboration de leur « projet de territoire ».

 Définition selon Alberto Magnaghi :

« ensemble de systèmes territoriaux locaux fortement transformés par l’homme, caractérisés par la présence d’une pluralité de centres urbains et ruraux organisés en systèmes de villes réticulaires et non hiérarchisés. Ces systèmes sont reliés entre eux par des rapports environnementaux qui tendent à réaliser un bouclage des cycles de l’eau, des déchets, de l’alimentation et de l’énergie. Ils sont caractéristiques des équilibres éco-systémiques d’un bassin hydrographique, d’un noeud orographique, d’un système de vallée ou d’un système collinaire ou côtier, y compris de son arrière-pays ».

 Ce concept est fortement adapté aux sites à l’urbanisation diffuse (la Città Difusa), rurale, et non dominés par une ville centre, mais plusieurs éléments peuvent être retenus si on veut l’adapter à la Région parisienne. La relation de dominance / écrasement serait remplacée par une relation de coopération donnant-donnant.

On aurait un emboîtement d’échelle, où Paris domine le système et interagit avec les confins de sa « supra » région pour son approvisionnement (matières, énergie, eau, nourriture, etc.). Tandis qu’à d’autres échelles, plusieurs bio régions peuvent apparaître (ex : plaine de France, Plateau de Saclay, Vallée de la Chevreuse, Val de Marne, boucles de la Seine etc.), dont le découpage serait plus naturel et plus ancré dans l’identité et le paysage local que les découpages administratifs actuels. Ces bio-régions seraient partiellement tournées vers leur propre territoire, dans le cadre de circuits-courts et vers la tête du système (Paris), dans le cadre de circuits moins courts. Seuls les surplus agricoles seraient exportés, tout comme certaines productions manufacturières ou services, spécifiques et reconnus. Il y aurait alors un emboîtement d’équilibres.

Plan stratégique du Parc agricole de Prato en Italie (Revue Ecologik n°24) : 

« le durable partage de nombreuses qualités avec Dieu : concept suprême, omnipotent, omniprésent et omniscient; (…) Sauveur de l’univers et de l’humanité. Comme Dieu, il rassemble des millions d’adeptes. (…)Le Vert est venu sur terre pour représenter le durable : il est son incarnation parmi les hommes. »

début du manifeste « O’Mighty Green », par l’agence STAR. http://st-ar.nl

parfaitement illustré par le buzz lancé par un article du Figaro, sur un projet de végétalisation de la tour Eiffel, par un des grands groupes d’ingénierie français. Ce projet a aussi tôt été démenti par ce groupe, qui en a ainsi profité pour se faire connaître. Le projet représente 600 000 plantes, 70 tonnes de substrat, pour 80 millions d’euros.
ça permet au moins de poser la question de l’utilité du monument et de sa capacité a acquérir une autre fonction que « donner à voir » et à dépasser sa superficialité.

↑http://ecocitybuilders.org/projects/past/depaving/

Parking, voies autoroutières, omniprésents en ville sont voués à la disparition, des mouvements se mettent en place pour leur reconquête, au profit de l’écosystème, d’espaces de cultures, de loisirs. Bientôt à Paris?

↑http://didattica.reseau2000.net/ : Le Jardin des fissures à Aubervilliers : un processus de débétonnage artistique à Aubervilliers, en lien avec les habitants du quartier.

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On ne triomphe de la nature qu’en lui obéissant. (Francis Bacon).

La nature et la biodiversité sont loin d’être incompatible avec la ville, au contraire, les supports sont démultipliés. La ville permet de passer de la 2D à la 3D, puisque les murs peuvent être mis à profits, tel que le tronc d’un arbre dans un un milieu naturel dense.

La présence végétale reste bien souvent terne, aseptisée, un végétal minéralisé, sans utilité autre que favoriser la vue.

or la ville constitue ainsi un écosystème avec un fonctionnement complexe, sa flore et sa faune, ses flux entrant et sortant, son évolution au cours du temps. Le niveau de la biodiversité sur lequel on possède le plus d’informations est celui de la diversité spécifique

Paris n’est pas un desert de biodiversité, limité aux pigeons. Plus de 1400 espèces ont été recensées à Paris intra muros, contre 1800 en île de France.

La nature ne se résume pas à la présence des jardins, squares etc. Elle a pour vocation à prendre possession des murs, des toits, des terrasses, des délaissés, des abords des infrastructures.

70% des Français déclarent prendre en compte la proximité des squares et parcs dans le choix de leur habitation (enquête ipsos, 2008).

Par sa présence en ville, elle peut jouer les synergies et se mettre au service de l’homme, sans compromettre l’agrément, l’aspect esthétique. Les deux doivent être mis à profit, les fleurs auront un intérêt mellifères, les plantes seront comestibles, le végétal contribuera à lutter contre les ilôts de chaleur, à améliorer la santé de ses habitants.

Liens

http://www.natureparif.fr/www.grainedejardin.frwww.jardinons-ensemble.orghttp://jardins.wordpress.com/
http://jardins-partages.org/

 Potogreen. Potolaid versus potobo

Palais de Tokyo

Maison de la plage, Rue Denoyez

Cité végétale, par Schuitten

[en construction]

↑Paris 2100, par le collectif et alors

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) a recensé dans la capitale un potentiel de 314 ha de toits plats susceptibles d’être « végétalisés » . Un toît végétalisé à plusieurs intérêts : l’isolation du bâtiment (sachant que c’est par les toits qu’une grande partie de la chaleur s’échappe), on peut économiser jusqu’à 5°C l’été; l’absorption de la pollution, la réduction des îlots de chaleur, surface tampon pour les eaux pluviales etc.

http://www.rooftopgardens.ca/ :

Des jardins sur les toits est un projet d’Alternatives, un réseau d’action et de communication pour le développement international.

En France, peu d’acteurs se sont appropriés le sujet. A noter cependant : Les jardiniers du ciel, collectif récemment constitué à Paris, actuellement en quête d’un site et de partenaires, pour mettre en place son premier projet, en suivant les principes de la permaculture.

Au delà d’une simple végétalisation, c’est vers une multiplication des usages, des fonctions qu’il s’agit d’aller. La végétalisation se limite souvent actuellement, à la pose de Sedum (plante couvrante, nécessitant peu d’entretien). chaque toiture doit être considérée comme un sol ou un support d’usages.

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