Quand une autoroute urbaine devient un jardin suspendu.

…De quoi nourrir quelques réflexions sur le devenir du périphérique parisien

http://www.influencia.net/fr/actualites/art-culture,exploration,concept-recycler-autoroute-jardin-suspendu-utopique-realiste,5587.html

Image actu

Transformer une autoroute au cœur de Seoul en arboretum de plus de 254 espèces, et y implanter  des magasins, des bibliothèques, des cafés ou des salons de thé pour préserver l’ambiance du centre-ville. Tel est le projet urbain des architectes visionnaires du cabinet MVRDV.

 La coulée verte ou la promenade plantée… des projets juste politiquement corrects ? En tout cas, ils plaisent.  Leur principe relève surtout d’une démarche humaniste, durable et environnementale attrayante derrière laquelle se cache une haute technologie en même temps qu’une conception qualitative de la vie en ville si nécessaire à nos sociétés contemporaines. Avec cette initiative, le bitume devient jardin et le temps prend un autre rythme, celui de découvrir le paysage urbain autrement. De se mettre en vacances -sans aller bien loin- du bruit, du stress, de la routine et des contraintes quotidiennes. C’est la promesse d’un retour aux sources, d’expériences personnelles ou partagées, d’engagement, d’événements privés ou publics… Elle est d’autant plus remarquable qu’elle se substitue à des voies ferroviaires ou des zones interurbaines désaffectées mais hyper bétonnées et donc laissées pour compte.

 « Seoul Skygarden » : un arboretum juché à 17 mètres de hauteur

 Heureusement, il y a des bâtisseurs visionnaires pour lesquels ces endroits délaissés sont des sources d’inspiration. A commencer par le projet fou mais prometteur de MVRDV pour une section d’autoroute de Corée du Sud, construite dans les années 70 et abandonnée en 2006 car déclarée impropre à la circulation automobile. En effet, ce studio hollandais d’architectes va purement et simplement transformer cette portion en un jardin suspendu plutôt que de la détruire pour reconstruire du neuf. Baptisé « Seoul Skygarden », et juché à 17 mètres de hauteur, cet arboretum urbain sera composé de 254 espèces d’arbres, d’arbustes et de fleurs.

 Son agencement conçu comme un dictionnaire vivant suivra l’alphabet coréen  pour permettre à ses visiteurs d’interagir avec la nature et de se reconnecter avec l’héritage naturel du pays. Une oasis verdoyante qui fait sécession avec le béton et le trafic. Mais qui ne rompt pas avec l’ambiance citadine, puisqu’elle sera ponctuée de cafés, de salons de thé, de fleuristes, de marchés et de bibliothèques. Afin de créer des points de ventes ainsi que des animations ou des événements, pour permettre éventuellement aux marques de participer au projet et de communiquer auprès de leur clientèle. Avec deux conséquences positives : d’une part, faire passer le projet du stade utopique à la réalité ; d’autre part, donner la possibilité aux espaces verts de la ville de s’étendre à tout l’espace public au-delà des traditionnels parcs, squares et jardins.

  Un modèle urbain en réponse à une forte attente de végétalisation de proximité

 Cette volonté de faire venir la nature en ville est aussi saisie par d’autres acteurs, comme la mairie de Paris qui veut « mettre du vert partout où c’est possible » pour « améliorer le cadre de vie, renforcer le lien social, les mécanismes de solidarité et le vivre ensemble ». Elle a donc lancé à l’été 2014 avec l’aide des services techniques « Du vert près de chez moi », un concours qui a permis aux Parisiens de recenser les lieux qui pourraient accueillir du végétal dans leur voisinage. Avec grand succès, car dès février 2015, 1500 suggestions avaient été déposées via l’application smartphone « DansMaRue », le site Paris.fr et le numéro 3975. Une participation record qui montre à quel point l’attente des riverains est forte en matière de solutions de proximité. Et sur les 513 projets jugées techniquement réalisables, 209 lieux (murs, place, recoins inutilisés, vilaines façades, espaces délaissés, trottoirs trop larges…) ont été sélectionnés pour être jardinés au fil du temps. Sachant que la maire Anne Hidalgo s’est engagée à  concrétiser l’ensemble de ce plan sous sa mandature.  81 lieux seront agrémentés de pots et bacs de fleurs, 35 seront plantés, 20 auront des jardinières pleine terre et 53 murs seront végétalisés. Un quart de ces projets fera l’objet d’un entretien participatif permettant d’associer pleinement les habitants en mode convivial.

 Se mettre au vert, une opportunité pour tous les riverains

 Moins spectaculaire mais tout aussi pertinente et charmante, l’initiative de Vancouver qui veut encourager ses habitants et ses fonctionnaires à embellir et à personnaliser leur rue en parsemant de-ci, de-là des petits îlots verts entre les pas de porte privés (individuels ou commerciaux) ou publics. Ce processus vertueux touche également l’eau.  Comme dans plusieurs villes d’Amérique du Nord où des jardins technologiques récupèrent, absorbent et filtrent l’eau de pluie pour la réutiliser tout en gérant mieux les effets pas toujours prévisibles de la météo comme les inondations, la sécheresse ou la pollution.

 En impliquant de nouveaux usages de l’espace citadin, ces initiatives tournées vers le « vert », ou la « guerilla gardening » donnent naissance à de nouveaux mobiliers urbains, en lien direct avec la nature ou même l’agriculture. Tel que WormWorks, un bac à compost, très esthétique en plus d’être utile, imaginé par ABGC, une agence d’architecture et de design de Dublin. Ou encore U-Farm, ce prototype de ferme urbaine mobile qui a été installé à Paris dans le cadre d’un appel à projets pour de l’équipement urbain « intelligent ».  L’émergence d’un nouveau modèle citadin prend donc sa vitesse de croisière. Et plusieurs enseignes commerciales creusent ce filon qui leur permet  de diffuser une bonne image auprès de leur clientèle. Comme le récent centre commercial Beaugrenelle qui a inauguré, en 2013, la plus grande toiture végétale de Paris sur 7000 m2, dont 800 m2 dédiés à un jardin partagé. Son objectif ? Respecter les nouveaux critères de développement durable et la double certification environnementale : la française, la Haute Qualité Environnementale et la britannique, la BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method). L’esprit de la ville semble bien prendre une profonde inspiration avec ce vert salvateur tout en nuance.   

 Le projet du studio MVRDV en Corée du Sud

 

 

 

 

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2 commentaires
  1. gabeu a dit:

    C’est quand même bien kitch non ? Ca couterait un prix fou et ça a pas l’air très permaculturel, vraiment très hors sol et plein de béton… Pourquoi ne pas des faire des jardins au naturel, avec un design moins imposé, avec des étincelles et du vivant les pieds sur terre ?
    Jardineuseument

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    • en effet, c’est très superficiel, mais ça pose la question de ce qu’on fait de ces ouvrages déconnectés de la pleine terre, lorsque le désasphaltage n’est pas possible
      faut-il les déconstruire, pour en recycler les matériaux?, ou plutôt instaurer un processus de reconquête végétal plus naturel, accéléré à partir des déchets organiques urbains + mise à dispo d’usages collectifs, autogérés

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